Je ne disposais que de deux jours pour découvrir Fès, mais cette ville impériale m’a rapidement prouvé qu’elle pouvait offrir une expérience incroyablement riche en seulement 48 heures. Entre sa médina classée à l’UNESCO, ses ruelles labyrinthiques, son artisanat séculaire et sa gastronomie envoûtante, chaque heure a été intensément remplie. Voici mon itinéraire complet de voyageur passionné.
Que faire en 48 heures à Fès ?
Pour un séjour de 2 jours à Fès, explorez la médina Fès el-Bali le Jour 1 en visitant la porte monumentale Bab Boujloud, la Medersa Bou Inania, la place Nejjarine, l’université Al Quaraouiyine et les tanneries Chouara avant d’admirer le coucher de soleil depuis un rooftop. Le Jour 2, découvrez les portes dorées du Palais Royal, arpentez le quartier juif du Mellah, ressourcez-vous au jardin Jnan Sbil et visitez le Musée Al Batha des arts islamiques.
Pourquoi j’ai choisi Fès
Quand on évoque un city break au Maroc, le réflexe naturel de nombreux voyageurs est de se tourner vers Marrakech ou Tanger. Pourtant, en tant que journaliste de voyage et passionné par l’histoire nord-africaine, Fès s’est imposée à moi comme une évidence pour ce reportage d’immersion. Fès n’est pas simplement une ville ; c’est un conservatoire vivant de la civilisation arabo-andalouse, un gigantesque saut dans le temps qui bouscule les sens dès la première seconde.
Ma principale motivation était de me confronter à la plus grande zone piétonne urbaine au monde : la médina de Fès el-Bali. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981, elle abrite plus de 9 000 ruelles entrelacées où aucune voiture ne peut circuler. Ici, les marchandises se déplacent encore à dos de mulet ou sur des charrettes à bras, au rythme des cris de « Balak ! Balak ! » (Attention !).
Fès incarne également l’épicentre spirituel, intellectuel et artisanal du royaume. C’est ici que se trouve l’Université Al Quaraouiyine, reconnue par l’UNESCO et le Guinness des records comme la plus ancienne institution universitaire encore en activité au monde. Visiter Fès, c’est aussi aller à la rencontre d’un artisanat d’exception qui n’a presque pas bougé depuis le Moyen Âge : les dinandiers qui martèlent le cuivre sur la place Seffarine, les potiers qui extraient l’argile grise locale pour créer les célèbres zelliges bleu de Fès, et bien sûr, les maîtres tanneurs qui défient le temps et les éléments dans les cuves colorées de Chouara.
Enfin, l’accessibilité de la ville grâce aux nombreuses liaisons aériennes directes et économiques vers l’aéroport de Fès-Saïss en fait une destination parfaite pour un week-end prolongé sans se ruiner. Loin de l’effervescence parfois suffocante ou trop théâtralisée d’autres métropoles touristiques, Fès préserve une authenticité brute, presque farouche, qui exige du voyageur de la patience, de l’ouverture d’esprit et une bonne paire de chaussures de marche.
Mon budget total
Pour garantir la plus grande transparence envers les lecteurs de Find The Flights, j’ai scrupuleusement consigné la moindre de mes dépenses durant ces 48 heures. Ce budget correspond à l’expérience d’un voyageur solo optant pour un confort intermédiaire (riad de charme authentique, repas dans des restaurants locaux de qualité et recours ponctuel à un guide officiel certifié).
Note importante : Les tarifs mentionnés ci-dessous sont basés sur mon expérience en 2026. Les prix, les frais d’entrée dans les monuments et le coût des transports peuvent fluctuer selon la saisonnalité, l’affluence et le contexte économique global.
Tableau récapitulatif des dépenses pour 2 jours à Fès
| Dépense | Montant en Dirhams (MAD) | Montant Équivalent (€) | Ce qui est inclus / Précisions |
| Vol | 660 MAD | 60 € | Aller-retour direct depuis la France (compagnie low-cost, réservé 6 semaines à l’avance). |
| Hébergement | 1 100 MAD | 100 € | 2 nuits en chambre double supérieure dans un riad traditionnel de la médina, petits-déjeuners pantagruéliques inclus. |
| Repas | 495 MAD | 45 € | 2 déjeuners sur le pouce, 2 dîners traditionnels complets en rooftop, thés à la menthe et bouteilles d’eau minérale. |
| Transports | 132 MAD | 12 € | Petits taxis entre la ville nouvelle et la médina, navette partagée pour l’aéroport à l’aller et au retour. |
| Activités | 220 MAD | 20 € | Entrées aux Medersas (Bou Inania, Attarine), Musée Al Batha, pourboire au guide local et accès aux terrasses des tanneries. |
| Achats | 330 MAD | 30 € | Souvenirs artisanaux achetés directement dans les ateliers (babouches en cuir véritable, épices fraîches). |
| Divers | 55 MAD | 5 € | Pourboires d’usage, petites pièces pour les artisans photographiés et dons discrets. |
| Total | 2 992 MAD | 272 € | Un coût de séjour particulièrement abordable pour une telle densité culturelle. |
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Le riad où j’ai séjourné
Séjourner à Fès sans loger au cœur même de sa médina millénaire serait une erreur monumentale. Pour ces deux nuits, mon choix s’est porté sur un riad traditionnel situé à moins de dix minutes de marche de la célèbre porte Bab Boujloud, dans le quartier calme mais accessible de Talaâ Kebira.
Dès que j’ai franchi la lourde porte en cèdre cloutée, le tumulte assourdissant des ruelles s’est instantanément évaporé pour laisser place au clapotis apaisant d’une fontaine centrale en marbre. Ce riad, géré par une famille fassie d’une hospitalité désarmante, présentait une architecture typique : un patio intérieur à ciel ouvert orné de zelliges géométriques complexes, des colonnes en stuc sculptées à la main et des balcons en bois de cèdre ouvragé desservant les chambres à l’étage.
Ma chambre, dotée d’une hauteur sous plafond vertigineuse, mariait le confort contemporain (climatisation réversible indispensable en été comme en hiver, literie de qualité supérieure, Wi-Fi fonctionnel) et les éléments décoratifs d’époque (tapis berbères en laine, lampes en cuivre ciselé projetant des ombres géométriques sur les murs). Le matin, le réveil se faisait au son discret des oiseaux du patio, avant qu’un petit-déjeuner gargantuesque ne soit servi sur le toit-terrasse : msemmen (crêpes feuilletées marocaines) tout chauds, baghrir (crêpes mille trous), miel d’acacia local, olives noires à l’huile d’olive parfumée, fromage frais de chèvre, jus d’orange fraîchement pressé et un café noir aux épices.
Évaluation de mon hébergement
| Critère | Mon avis détaillé | Note /5 |
| Emplacement | Idéal. À deux pas des grands axes marchands (Talaâ Kebira et Talaâ Sghira), mais parfaitement isolé du bruit de la foule. | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Confort | Excellente literie, isolation thermique efficace malgré l’ancienneté du bâtiment et salle de bain privative spacieuse en tadelakt. | ⭐⭐⭐⭐ |
| Propreté | Irréprochable. Le patio et les espaces communs sont nettoyés à grande eau chaque matin, les chambres sont impeccablement tenues. | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Petit-déjeuner | Un festin fait maison qui changeait légèrement chaque jour, mettant à l’honneur les spécialités boulangères fassies. | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Rapport qualité/prix | À environ 50 € la nuit avec ce niveau de prestation et d’accueil, le rapport est tout simplement imbattable comparativement à Marrakech. | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
Mon itinéraire de 48 heures
Voici le déroulé précis, heure par heure, de mon exploration intensive de Fès. J’ai conçu cet itinéraire pour minimiser les allers-retours inutiles dans ce dédale urbain, tout en conservant des moments de pause indispensables pour s’imprégner de l’atmosphère locale.
[Jour 1 : Fès el-Bali]
Bab Boujloud ➔ Talaâ Kebira ➔ Medersa Bou Inania ➔ Souks & Nejjarine ➔ Al Quaraouiyine ➔ Tanneries Chouara ➔ Coucher de soleil en Rooftop
[Jour 2 : Fès el-Jdid & Culture]
Palais Royal ➔ Quartier du Mellah ➔ Jardin Jnan Sbil ➔ Musée Al Batha ➔ Ateliers de Poterie ➔ Dernier Thé à la Menthe
Jour 1 : L’immersion totale au cœur de Fès el-Bali
- Distance totale parcourue à pied : Environ 9,5 kilomètres.
- Temps total d’exploration : 10 heures (de 8h30 à 18h30).
- Coûts estimés de la journée : 190 MAD (entrées aux monuments, repas de midi, thé et pourboire à la tannerie).
08h30 – Le réveil des sens à Bab Boujloud
Mon périple commence devant la monumentale Bab Boujloud, plus communément appelée la « Porte Bleue ». Construite en 1913, cette porte historique marque l’entrée principale de la vieille médina. Sa particularité architecturale réside dans sa double identité chromatique : sa façade extérieure est parée de zelliges d’un bleu cobalt intense (la couleur emblématique de Fès), tandis que sa face intérieure s’habille d’un vert émeraude délicat, symbole de l’Islam.
À cette heure matinale, la lumière rasante embrase la pierre de la porte. C’est le moment idéal pour observer la médina s’éveiller. Les marchands de fruits installent leurs étals, les porteurs de pain chargent de grands plateaux en bois de khobz (le pain traditionnel marocain) sortant tout juste des fours publics collectifs, et l’odeur du café à la cardamome commence à flotter dans l’air.
📸 Mon spot photo secret : Placez-vous à environ 30 mètres de la porte, du côté extérieur de la place Boujloud, pour cadrer la porte bleue en utilisant les arches comme un cadre naturel révélant, en arrière-plan, le minaret de la Medersa Bou Inania.
09h15 – La descente de la Talaâ Kebira et la Medersa Bou Inania
Passé la porte, deux artères principales s’enfoncent dans le cœur de la ville : la Talaâ Sghira (la petite colline) et la Talaâ Kebira (la grande colline). J’emprunte la Talaâ Kebira, une ruelle pavée en pente douce, protégée du soleil par des tonnelles en lattes de bambou.
Après quelques minutes de marche au milieu des boutiques de poteries, de tapis et d’épices, je m’arrête devant la Medersa Bou Inania. Construite entre 1351 et 1357 par le sultan mérinide Abou Inane Faris, cette ancienne école coranique est un chef-d’œuvre absolu d’architecture islamique. Fait unique à Fès, elle fait également office de mosquée du vendredi, son minaret élancé dominant fièrement le quartier.
L’entrée coûte 70 MAD (tarif mis à jour). En franchissant le seuil, on pénètre dans une cour intérieure d’une symétrie parfaite. Le sol est dallé de marbre et d’onyx, les parois inférieures sont tapissées de zelliges aux motifs mathématiques complexes, surmontées de panneaux de stuc ciselés avec une finesse chirurgicale qui évoque de la dentelle. Plus haut, le bois de cèdre de l’Atlas, sculpté de versets coraniques et de motifs floraux, soutient des corniches en stalactites (muqarnas) d’une virtuosité rare. J’ai passé près d’une heure immobile, à observer la lumière du matin découper les reliefs du stuc.
11h00 – Exploration des souks thématiques et de la Place Nejjarine
Je poursuis ma descente vers le cœur névralgique de Fès el-Bali. Plus on s’enfonce, plus les ruelles se rétrécissent, se ramifient et se spécialisent. Je traverse successivement le souk des herboristes, saturé par les effluves de cumin, de ras-el-hanout et de boutons de rose séchés, puis le souk des babouches, véritable explosion chromatique de cuirs suspendus.
Je débouche soudain sur la magnifique Place Nejjarine (la place des menuisiers). L’air y est délicieusement parfumé par les essences de bois de cèdre et de thuya que les artisans travaillent dans les ateliers adjacents. Le point d’orgue de cette place est sa fontaine publique, sans doute la plus belle de la ville, entièrement revêtue de zelliges et protégée par un imposant auvent en bois sculpté.
Juste à côté se dresse le Foundouk Nejjarine. Cet ancien caravansérail du XVIIIe siècle servait autrefois de halte, d’entrepôt et de lieu de commerce pour les marchands ambulants et leurs caravanes de dromadaires. Magnifiquement restauré, il abrite aujourd’hui le Musée des Arts et Métiers du Bois. Pour 20 MAD, la visite permet d’admirer une collection d’outils anciens, de coffres de mariage richement peints et d’éléments architecturaux en cèdre, tout en explorant les trois niveaux de galeries intérieures qui s’ouvrent sur un puits de lumière central.
12h30 – Halte déjeuner chez l’habitant
Pour le déjeuner, je m’éloigne volontairement des artères commerçantes pour m’engager dans un derb (une impasse résidentielle) particulièrement étroit. C’est là que se cache un petit restaurant familial installé dans le patio d’une maison traditionnelle non touristique.
Au menu ce midi : une authentique Harira fassie, cette soupe marocaine traditionnelle à base de tomates, de lentilles, de pois chiches, de viande d’agneau et de coriandre fraîche, épaissie d’un filet de jus de citron. Elle est servie brûlante, accompagnée de dattes mielleuses et de chebakia (pâtisseries frites au miel et aux graines de sésame). Ce contraste saisissant entre le salé, l’acide et le sucré est un régal absolu pour seulement 25 MAD. Je complète ce repas sur le pouce par deux brochettes de dinde marinées aux épices, grillées au charbon de bois sous mes yeux.
13h30 – Le cœur spirituel : L’Université Al Quaraouiyine
Ressourcé, je rejoins la place Seffarine, le domaine des dinandiers. Le vacarme y est étourdissant : des dizaines d’artisans, du jeune apprenti au vieux maître aux mains calleuses, frappent inlassablement des plaques de cuivre et de laiton pour façonner des théières, des grands plateaux et des chaudrons.
À quelques pas de là se trouve l’enceinte sacrée de la Mosquée et Université Al Quaraouiyine. Fondée en 859 par une femme tunisienne fortunée, Fatima al-Fihriya, elle est le phare spirituel du Maroc. En tant que non-musulman, l’accès à l’intérieur des salles de prière et de l’enceinte universitaire m’est strictement interdit. Cependant, les monumentales portes en bois et en bronze sculpté sont souvent laissées grandes ouvertes pendant la journée.
En me tenant discrètement sur le seuil, j’ai pu admirer la cour intérieure immense, recouverte de marbre blanc éclatant, où les fidèles pratiquent leurs ablutions autour de fontaines circulaires. Les arcs outrepassés, les perspectives infinies des nefs soutenues par des centaines de colonnes blanches et le silence solennel qui y règne, contrastant avec le chaos des souks extérieurs, procurent une émotion mémorable.
15h00 – Le choc visuel et olfactif des Tanneries Chouara
Je poursuis mon chemin en suivant les panneaux indications artisanales pour atteindre le quartier des tanneurs. L’odeur caractéristique, un mélange âcre de cuir brut, de fientes de pigeons (utilisées pour leur ammoniac naturel afin d’assouplir les peaux) et de menthe fraîche, vous avertit de la proximité du site bien avant de l’apercevoir.
Les Tanneries Chouara sont les plus vastes et les plus anciennes de Fès, en activité continue depuis le XIe siècle. Pour les observer, il faut pénétrer dans l’une des nombreuses boutiques de maroquinerie qui entourent le site et grimper jusqu’aux terrasses du dernier étage. À l’entrée de la boutique, un vendeur me remet un brin de menthe fraîche à placer sous mon nez pour atténuer l’odeur : une précaution loin d’être superflue.
Depuis la terrasse, le spectacle est grandiose et irréel. Sous mes yeux s’étend une immense ruche à ciel ouvert, composée de centaines de cuves en pierre maçonnée ressemblant à une gigantesque boîte d’aquarelles. D’un côté, les cuves blanches contiennent de la chaux et des fientes de pigeon où les peaux (de chèvre, de mouton, de vache ou de chameau) macèrent pendant plusieurs jours pour être nettoyées et assouplies. De l’autre, les cuves colorées abritent les teintures exclusivement naturelles : le rouge issu du coquelicot ou du paprika, le jaune extrait du safran ou de l’écorce de grenade, le bleu provenant de l’indigo, et le marron issu du bois de cèdre.
Des hommes, enfoncés jusqu’à la taille dans ces liquides denses, piétinent les peaux sous un soleil de plomb pour faire pénétrer les pigments. Un travail d’une pénibilité extrême, hérité de pères en fils. La visite des terrasses est théoriquement gratuite, mais il est d’usage de laisser un pourboire d’environ 10 à 20 MAD au rabatteur ou d’acheter un article en cuir dans la boutique (après d’intenses négociations).
17h00 – Coucher de soleil magique depuis un rooftop
Après cette riche immersion, mes jambes réclament une pause méritée. Je remonte lentement la médina en sens inverse pour dénicher un rooftop haut perché. Je m’installe sur la terrasse de l’un des cafés branchés surplombant la cuvette de Fès el-Bali alors que le soleil entame sa descente.
À cet instant précis, la lumière dorée de la fin de journée enveloppe les milliers de maisons de la médina, transformant la pierre grise en un bloc d’or ambré. Soudain, le silence est rompu par le premier Muezzin qui lance l’appel à la prière du Maghreb depuis son minaret. En quelques secondes, sa voix est rejointe par des dizaines d’autres appels provenant des quatre coins de la ville, créant une polyphonie spirituelle frissonnante qui résonne dans toute la vallée. C’est, sans conteste, mon plus beau souvenir de Fès.
19h30 – Dîner traditionnel fassi au coin du feu
Pour conclure cette première journée en beauté, je réserve une table dans un restaurant gastronomique traditionnel abrité au sein d’un palais mérinide du XIVe siècle. Le cadre est somptueux : plafonds de cèdre peints (zouak), lustres en cristal et serveurs en habit traditionnel (fès rouge sur la tête).
Je commande la spécialité absolue de la région : la Pastilla au pigeon. Ce plat de fête est un monument d’équilibre culinaire. Il s’agit d’un feuilletage de feuilles de ouarka ultra-fines (similaires à de la pâte filo), farci d’une préparation de chair de pigeon effilochée, d’œufs battus, d’oignons confits, le tout tapissé d’un lit d’amandes concassées, torréfiées et parfumées à l’eau de fleur d’oranger. La pastilla est saupoudrée d’un généreux voile de sucre glace et de cannelle. Chaque bouchée est une explosion de textures (le croustillant du feuilletage, le croquant des amandes, le fondant de la viande) et de saveurs sucrées-salées d’une subtilité infinie. Un chef-d’œuvre culinaire facturé 140 MAD, mais qui vaut chaque dirham dépensé.
Jour 2 : L’histoire royale, le quartier juif et la verdure de Fès el-Jdid
- Distance totale parcourue à pied : Environ 8 kilomètres.
- Temps total d’exploration : 8 heures (de 09h00 à 17h00).
- Coûts estimés de la journée : 145 MAD (petits taxis, entrées au musée, déjeuner et achats d’épices).
09h00 – Les majestueuses portes dorées du Palais Royal
Pour cette seconde journée, je quitte la médina médiévale de Fès el-Bali pour explorer Fès el-Jdid (la Fès nouvelle), une extension urbaine fortifiée construite au XIIIe siècle par la dynastie des Mérinides. Mon premier arrêt de la matinée se fait devant l’esplanade monumentale de Dar al-Makhzen, le Palais Royal de Fès.
Le palais en lui-même ne se visite pas, car il reste une résidence officielle utilisée par le roi du Maroc lors de ses déplacements dans le nord du pays. Néanmoins, le déplacement est indispensable pour admirer ses sept portes monumentales en bronze ciselé. Réalisées par de maîtres artisans fondeurs dans les années 1960 et 1970, ces portes étincellent sous le soleil du matin. Elles sont encadrées par des milliers de carreaux de zelliges bleus et verts disposés en motifs géométriques parfaits, surmontés de linteaux en bois de cèdre et de stuc finement sculptés. Les détails des poignées de porte et la finesse des ciselures du bronze témoignent de la permanence du génie artisanal marocain au fil des époques.
10h00 – L’architecture singulière du Mellah (Le quartier juif)
Juste à côté du Palais Royal s’ouvrent les ruelles du Mellah, le premier quartier juif officiel du Maroc, fondé au XVe siècle. L’ambiance architecturale change ici radicalement par rapport à la médina musulmane. À Fès el-Bali, l’architecture est résolument introvertie : les façades des maisons sont totalement aveugles, dénuées de fenêtres donnant sur la rue, afin de préserver l’intimité des familles ; toute la vie se concentre vers le patio intérieur.
Au Mellah, au contraire, l’architecture est extravertie et s’ouvre fièrement sur l’espace public. Les maisons, souvent hautes de plusieurs étages, possèdent de larges fenêtres et de magnifiques balcons en bois sculpté ou en fer forgé ouvragé en encorbellement, suspendus au-dessus de la rue. Je remonte la rue principale, aujourd’hui occupée en grande partie par des bijoutiers et des marchands de tissus, pour visiter la Synagogue Ibn Danan. Ce modeste lieu de culte privé du XVIIe siècle, restauré avec le soutien de la World Monuments Fund, abrite une salle de prière intimiste habillée de zelliges vert et blanc, un sous-sol accueillant un mikvé (bain rituel) et une terrasse offrant une vue imprenable sur le cimetière juif adjacent, vaste étendue de tombes blanchies à la chaux qui s’étagent à flanc de colline.
11h45 – Une parenthèse de fraîcheur au Jardin Jnan Sbil
Après la brique, la pierre et la poussière des ruelles du Mellah, j’ai besoin d’une pause nature. Je me dirige à pied vers le Jardin Jnan Sbil (anciennement connu sous le nom de Jardin Bou Jeloud). Ce parc public de 7 hectares, situé à la charnière exacte entre Fès el-Bali et Fès el-Jdid, est le plus ancien jardin de la ville.
Créé au XVIIIe siècle par le sultan Moulay Abdallah, il a été entièrement réhabilité pour redonner vie à ses magnifiques allées ombragées. C’est un véritable éden arabo-andalou. On y déambule au milieu d’une végétation luxuriante : d’immenses palmiers dattiers, des bambous géants, des eucalyptus odorants, des bougainvilliers d’un rose fuchsia éclatant et de grands vergers d’orangers et de citronniers dont les fleurs embaument l’atmosphère au printemps. Le centre du jardin est occupé par un grand bassin rectangulaire et un réseau complexe de canaux d’irrigation traditionnels (seguias) alimentant des fontaines murmurantes. C’est ici que les familles fassies, les étudiants et les amoureux viennent chercher la fraîcheur aux heures chaudes de la journée, loin du tumulte urbain.
13h15 – Déjeuner de Tajine sous la tonnelle
À la sortie du jardin Jnan Sbil, je m’installe à la terrasse ombragée d’un petit établissement de quartier fréquenté par les employés de la ville nouvelle. Je commande un grand classique de la cuisine marocaine populaire : un Tajine de veau aux pruneaux et aux amandes.
Le plat arrive sur table dans son récipient en terre cuite surmonté de son chapeau conique, la sauce bouillonnant encore doucement sur les bords. La viande de veau, mijotée pendant des heures à feu doux avec du safran, du gingembre, de l’oignon et de la cannelle, est d’une tendreté absolue ; elle se détache à la simple pression des doigts, sans avoir besoin de couteau. Les pruneaux, confits dans un sirop de sucre et de cannelle, apportent une douceur qui contraste merveilleusement avec le jus de cuisson dense et épicé, tandis que les amandes mondées et frites apportent la touche finale de croquant. Accompagné d’un pain de semoule maison tout chaud, ce repas traditionnel (65 MAD) est une véritable ode au terroir local.
14h30 – Le Musée Al Batha des arts islamiques : Splendeur retrouvée
Je consacre mon début d’après-midi à la visite du Musée Al Batha (parfois orthographié Dar Batha). Cet ancien palais de style hispano-mauresque, édifié à la fin du XIXe siècle par le sultan Moulay Hassan Ier pour en faire une résidence royale d’été, a été magnifiquement restauré et réinauguré en tant que Musée des Arts Islamiques.
L’architecture du bâtiment est en soi une œuvre d’art, s’organisant autour d’un immense jardin de style andalou dessiné par le paysagiste Jean-Claude Nicolas Forestier, où trônent des jacarandas et des hibiscus centenaires. Les salles d’exposition du palais recèlent de trésors inestimables qui permettent de comprendre toute l’histoire de l’art fassi : des manuscrits coraniques enluminés à l’or fin datant du IXe siècle, des astrolabes en laiton d’une précision astronomique confondante, des broderies au fil d’or typiques de Fès, et de monumentales portes en bois de cèdre sculptées provenant d’anciennes medersas mérinides.
La salle la plus spectaculaire reste celle consacrée à la poterie locale. On y admire l’évolution des céramiques émaillées du XIVe siècle à nos jours, caractérisées par l’utilisation exclusive du fameux « bleu de Fès », un pigment secret obtenu à partir d’oxydes de cobalt locaux.
16h00 – Shopping artisanal éthique et responsable
Avant de clore mon séjour, je souhaite acquérir quelques souvenirs durables. Refusant les boutiques à commissions pour touristes, je me rends en périphérie de la médina, dans le quartier des potiers d’Ain Nokbi. Ici, on travaille la terre à l’état brut. J’observe les artisans pétrir l’argile grise de leurs pieds, façonner des vases sur des tours traditionnels actionnés au pied, avant de confier les pièces à des peintres qui dessinent des motifs géométriques à main levée, sans aucun modèle préétabli, avec une régularité géométrique bluffante.
J’achète deux petites coupelles à zelliges bleus directement à l’artisan pour 80 MAD, heureuse certitude que l’argent financera directement son savoir-faire sans intermédiaire. Je m’arrête ensuite chez un herboriste traditionnel pour acheter un sachet de Ras-el-hanout moulu sous mes yeux et un flacon d’huile d’argan cosmétique pure pressée à froid.
17h00 – Le dernier thé à la menthe et le bilan
Mon voyage de 48 heures s’achève là où il a commencé, près de Bab Boujloud. Je m’installe au premier étage d’un café pour savourer mon dernier Thé à la menthe (le fameux « whisky marocain »). Le serveur verse le précieux liquide ambré de très haut, en décrivant un mouvement de va-et-vient aérien afin de créer une belle couche de mousse (la « couronne ») dans le verre, ce qui permet également d’oxygéner le thé et d’en exalter les arômes de menthe nana et de thé vert de Chine.
En observant le va-et-vient de la foule en contrebas, je réalise à quel point Fès m’a bousculé, charmé et transformé en à peine deux jours. Une expérience brute, exigeante, mais d’une générosité culturelle incomparable.
Les endroits que j’ai préférés
Si je devais isoler quelques moments forts de mes 48 heures à Fès, voici les sites qui m’ont laissé un souvenir impérissable :
La Medersa Bou Inania : L’apothéose du détail
Cette école coranique dépasse tout ce que j’avais pu observer en Espagne andalouse ou dans le reste du Maghreb. Ce qui frappe, c’est l’harmonie parfaite entre les trois grands matériaux de l’architecture traditionnelle marocaine : le zellige au sol et sur les murs pour la géométrie et la couleur, le stuc ciselé pour la poésie des formes blanches, et le cèdre sculpté pour la chaleur et la structure. S’y poser à une heure de faible affluence permet de ressentir la sérénité profonde voulue par les bâtisseurs mérinides.
Les Tanneries Chouara : Un voyage au Moyen Âge
Bien que le site soit hautement touristique et l’odeur particulièrement tenace, les tanneries Chouara offrent un spectacle d’une puissance visuelle rare. C’est une œuvre d’art vivante, brute et mouvante. Voir ces artisans perpétuer des gestes séculaires sans aucun produit chimique moderne, en utilisant la force de leurs bras et de leurs jambes pour colorer le cuir, force un immense respect pour l’artisanat marocain.
Le dédale anonyme de Fès el-Bali : Se perdre pour mieux trouver
Mon plus grand coup de cœur n’est inscrit dans aucun guide de voyage : c’est le simple fait de m’être perdu volontairement dans les ruelles secondaires résidentielles de la médina. Dès que l’on s’écarte des axes marchands de Talaâ Kebira, l’agitation s’éteint. On marche entre de hauts murs de torchis beige, on croise des enfants qui jouent avec un ballon de chiffons, on entend le bruit d’une télévision derrière une lourde porte cloutée, et on croise le regard bienveillant d’un ancien qui vous salue d’un discret « Marhaban » (Bienvenue). C’est là que bat le cœur authentique de Fès.
Ce que j’ai mangé
La cuisine de Fès est réputée pour être l’une des plus raffinées et complexes du monde arabe. Elle se distingue par son utilisation subtile des épices douces (cannelle, safran, gingembre), ses mélanges sucrés-salés audacieux et la lenteur méticuleuse de ses préparations culinaires.
Tableau comparatif des spécialités fassies testées
| Plat typique | Prix moyen constaté | Mon avis critique et gustatif |
| Pastilla au pigeon | 120 – 160 MAD | Le sommet de la gastronomie locale. Le contraste entre le croustillant de la pâte, la force de la viande de pigeon et la douceur de la cannelle et du sucre en poudre est un chef-d’œuvre. À ne manquer sous aucun prétexte. |
| Tajine de veau aux pruneaux | 60 – 85 MAD | Un grand classique exécuté ici à la perfection. La viande est si fondante qu’elle s’effondre sous la fourchette. La sauce, réduite à l’extrême, est un concentré de saveurs confites. |
| Salades marocaines (Assortiment) | 40 – 60 MAD | Une succession de 6 à 8 petites coupelles servies en entrée : zaalouk (caviar d’aubergines fumées aux tomates et cumin), taktouka (poivrons grillés et tomates), carottes confites à l’orange et à la cannelle. Frais, coloré et sain. |
| Harira traditionnelle | 15 – 25 MAD | La soupe du peuple, nourrissante, épaisse et réconfortante. Consommée dans un bouge local de la médina, c’est le meilleur rapport qualité-prix du séjour pour un déjeuner sur le pouce. |
| Cornes de gazelle fassies | 10 – 15 MAD (pièce) | Pâtisseries fines à base de pâte d’amandes parfumée à l’eau de fleur d’oranger fine et enrobée d’une fine couche de pâte croustillante. Moins sucrées qu’ailleurs, parfaites avec un thé. |
Mes adresses gourmandes authentiques recommandées
- Pour un déjeuner sur le pouce : Les petits stands de grillades situés juste derrière la porte Bab Boujloud. Choisissez celui où la file d’attente locale est la plus longue ; la fraîcheur de la viande y est garantie.
- Pour un dîner mémorable en rooftop : Le Cinema Café ou Le Café Clock. Ce dernier est une véritable institution culturelle dans la médina. Outre son excellent thé et ses plats traditionnels revisités (comme leur célèbre burger de chameau pour les aventuriers culinaires), l’établissement propose des soirées de contes traditionnels marocains et des concerts de musique gnaoua.
Les choses qui m’ont surpris
Fès est une ville qui ne ressemble à aucune autre. Au cours de mon séjour de 48 heures, plusieurs aspects du quotidien fassi m’ont profondément marqué et surpris :
- L’absence totale de repères spatiaux : Même pour un voyageur chevronné habitué à s’orienter à la boussole ou au soleil, la médina de Fès el-Bali est un défi permanent. L’étroitesse des ruelles empêche de voir le ciel ou les minarets, et les applications GPS classiques perdent souvent le signal au milieu des hauts murs de pierre. C’est déstabilisant au début, mais cela s’avère incroyablement libérateur dès que l’on accepte de lâcher prise.
- Le silence insoupçonné des intérieurs : Le contraste acoustique entre la rue et l’intérieur des bâtiments est saisissant. Une ruelle peut être le théâtre d’un chaos indescriptible (cris des marchands, bousculades, bruits d’outils), mais dès que l’on franchit le seuil d’un riad ou d’un commerce, on pénètre dans un havre de paix absolu où le seul bruit perceptible est le murmure de l’eau. L’architecture marocaine a été pensée comme un rempart de sérénité protégeant la vie privée.
- La ferveur artisanale intacte : Ici, le mot « fait main » n’est pas un argument marketing galvaudé pour touristes en quête d’exotisme. L’artisanat fait vivre plus d’un tiers de la population de la ville. Voir des adolescents apprendre patiemment l’art du zellige ou du martelage du cuivre auprès de vieux maîtres octogénaires prouve que la transmission des savoir-faire est une réalité concrète et vivante.
Les erreurs que j’ai faites (et comment les éviter)
Aucun voyage n’est parfait, et mon séjour à Fès a été jalonné de quelques petites erreurs logistiques. Les partager en toute transparence vous permettra d’éviter les mêmes pièges :
- Erreur n°1 : S’enfoncer dans la médina sans carte hors ligne fiable. Le premier jour, j’ai pensé pouvoir m’orienter à l’instinct. Résultat : je me suis retrouvé coincé dans une succession d’impasses résidentielles à l’opposé de mon point de rendez-vous, perdant près d’une heure.
- La leçon : Téléchargez impérativement l’application Maps.me ou la carte hors ligne de Fès sur Google Maps avant de quitter votre riad. Ces applications intègrent une grande partie des ruelles secondaires de la médina, ce qui vous évitera bien des sueurs froides.
- Erreur n°2 : Ne pas avoir prévu assez d’argent liquide. À Fès, la carte bancaire est quasiment inutile dans la vieille médina. Que ce soit pour payer l’entrée des medersas, régler votre déjeuner de tajine, acheter des épices ou laisser un pourboire au porteur de bagages, l’argent liquide (le Dirham marocain) est roi. J’ai dû perdre un temps précieux à chercher un distributeur automatique de billets (GAB) en périphérie de la médina car ceux situés près de Bab Boujloud étaient vides le week-end.
- La leçon : Retirez une somme confortable en dirhams dès votre arrivée à l’aéroport ou dans la ville nouvelle et gardez toujours de la petite monnaie sur vous.
- Erreur n°3 : Accepter l’aide des « faux guides » par politesse. Près des tanneries ou des grands monuments, de jeunes hommes très courtois vous aborderont en vous affirmant que « la rue est fermée aujourd’hui pour cause de prière » ou que « la meilleure terrasse gratuite pour voir les tanneurs est par ici ». En les suivant par simple politesse pour ne pas paraître impoli, vous vous retrouverez inévitablement dans la boutique de tapis de leur oncle où vous subirez une pression commerciale courtoise mais insistante pour acheter, et ils vous réclameront un pourboire conséquent pour vous avoir guidé.
- La leçon : Sachez dire un « Non, merci » (ou « La, Shukran » en arabe) ferme, souriant mais définitif, et poursuivez votre chemin sans hésiter. Si vous vous sentez perdu, demandez plutôt votre chemin à un commerçant installé dans sa boutique plutôt qu’à une personne errant dans la rue.
Mes meilleurs conseils
Pour maximiser la réussite de votre futur week-end de 48 heures à Fès, voici mes recommandations stratégiques basées sur mon expérience de terrain :
Dormir au cœur de la médina
Ne cédez pas à la tentation de loger dans les grands hôtels impersonnels de la Ville Nouvelle (construite à l’époque du protectorat français). L’essence même du voyage à Fès réside dans l’expérience de la médina. Loger dans un riad vous permet de vivre au rythme historique de la cité, d’entendre les appels à la prière s’élever dans la nuit et de savourer votre thé sur un toit-terrasse dominant les toits millénaires.
Porter des chaussures de marche confortables avec une bonne adhérence
Oubliez définitivement les tongs, les sandales plates ou les talons. À Fès, vous allez marcher entre 8 et 12 kilomètres par jour sur des pavés inégaux, glissants par endroits en raison du passage des animaux ou des résidus d’huile des marchés, et dans des ruelles en pente parfois raide. Des baskets de marche légères dotées d’une bonne semelle amortissante et antidérapante sont indispensables pour préserver vos pieds.
Commencer vos visites culturelles dès l’ouverture
La plupart des grands monuments historiques (comme la Medersa Bou Inania ou le Musée Al Batha) ouvrent leurs portes aux alentours de 09h00. C’est l’heure bénie où les groupes de touristes organisés prennent encore leur petit-déjeuner. Visiter ces lieux dans le calme matinal, lorsque la lumière est douce et que le silence règne encore dans les cours intérieures, décuple l’émotion visuelle.
Acheter votre artisanat directement auprès des artisans producteurs
Si vous souhaitez acheter un tapis berbère, une veste en cuir, des babouches ou des poteries, fuyez les échoppes clinquantes situées sur les axes ultra-touristiques de la Talaâ Kebira. Prenez le temps de vous rendre dans les quartiers spécialisés (la place Seffarine pour le cuivre, le quartier d’Ain Nokbi pour la poterie). Acheter directement dans l’atelier de l’artisan qui façonne l’objet sous vos yeux garantit une rémunération équitable du travailleur et vous assure d’acquérir une pièce authentique de qualité supérieure, souvent deux à trois fois moins chère qu’en boutique de revente.
Ce que je referais différemment
Avec le recul de l’expérience, si je devais planifier à nouveau ce séjour à Fès, voici les modifications structurelles que j’apporterais à mon itinéraire :
- Ajouter une troisième journée complète : Disons-le clairement : 48 heures à Fès constituent une excellente introduction et permettent de voir les incontournables, mais le rythme est intense et laisse peu de place à la flânerie contemplative. Une journée supplémentaire m’aurait permis de faire une excursion à la journée vers le site archéologique romain de Volubilis et la ville impériale voisine de Meknès, toutes deux situées à moins d’une heure de train ou de grand taxi de Fès.
- Participer à un cours de cuisine traditionnelle chez l’habitant : Plutôt que de simplement consommer la gastronomie fassie au restaurant, j’aurais adoré consacrer une demi-journée à un atelier culinaire immersif. Commencer par faire le marché dans les souks de la médina avec une cuisinière locale pour choisir les légumes frais et les épices, avant de s’installer dans la cuisine du riad pour apprendre à rouler le couscous à la main ou à façonner les plis délicats d’une pastilla aurait enrichi mon expérience humaine et journalistique.
- Planifier mon voyage au tout début du printemps : Mon séjour s’est déroulé sous une chaleur déjà lourde. Visiter Fès en mars ou en avril permet de profiter de températures bien plus douces pour arpenter les ruelles sans fatigue, tout en admirant la campagne environnante du Moyen Atlas verdoyante et fleurie, et en profitant pleinement des effluves de fleurs d’oranger qui embaument toute la ville.
Questions fréquentes (FAQ)
Conclusion
Même si deux jours passent à une vitesse folle à Fès, cette escapade immersive m’a permis de découvrir une cité impériale profondément authentique où chaque ruelle millénaire raconte une page d’histoire. Entre son patrimoine exceptionnel classé à l’UNESCO, sa cuisine généreuse aux mille saveurs et la ferveur intacte de son artisanat d’art, Fès mérite amplement sa réputation historique de capitale culturelle et spirituelle du Maroc. Elle offre un contraste bienvenu avec l’effervescence touristique de sa rivale du sud.
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